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ONTARIO : LES POLITIQUES EN TRANSPORT ET SUR LE CLIMAT – SÉMINAIRE JCCTRP

2/5  | Retour sur les cinq conférences du Séminaire public sur les politiques en transport et sur le climat JCCTRP, qui avait lieu le 2 novembre 2017, à Polytechnique Montréal. Ce séminaire était organisé dans le cadre de l’atelier du Joint Clean Climate Transport Research Partnership (JCCTRP).

CARA CLAIRMAN – LES POLITIQUES EN TRANSPORT ET SUR LE CLIMAT EN ONTARIO

Le secteur du transport étant le plus grand émetteur de GES en Ontario, les objectifs de lutte aux changements climatiques y sont étroitement associés. Cara Clairman, présidente et directrice générale de Plug‘n Drive, a brossé un portrait des diverses initiatives en électrification des transports qui y sont déployées.

Il y a une quinzaine d’années, l’électricité en Ontario était le principal responsable des émissions polluantes. Ceci, parce qu’elle provenait majoritairement de centrales au charbon. Le réseau électrique a depuis connu une importante transition vers des sources plus propres. De partie intégrante du problème, l’électricité est donc devenue un élément de solution. Tout comme au Québec, il est vrai de dire que l’Ontario oriente principalement son focus sur l’électrification des transports.

L’électrification : une opportunité intéressante
Mme Clairman explique que la recharge des véhicules électriques en Ontario se fait surtout lors du retour à la maison. Or, la demande énergétique en soirée est comblée par des sources à faibles émissions. En effet, le réseau de l’Ontario est alimenté par des centrales nucléaires et hydroélectriques, avec un mince approvisionnement en éolien et en solaire. À l’exception des périodes de pointes, les énergies fossiles sont quant à elle très peu sollicitées. Cet argument en faveur de l’électrification s’ajoute à l’avantage économique de l’utilisation de l’électricité en guise de carburant, moins cher que le pétrole.

Des incitatifs divers
Au total, 40 000 véhicules électriques jalonnent les routes du Canada. Ceux-ci se retrouvent à parts quasi égales dans trois provinces : l’Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique. La popularité de ces véhicules dans ces trois provinces s’explique par les programmes d’incitatifs financiers qui y sont implantés. À titre d’exemple, le Québec offre un rabais de 8 000$ et l’Ontario de 14 000$. « Une initiative nécessaire et ayant un réel effet de levier » commente Mme Clairman. Elle note d’ailleurs au passage que les consommateurs du reste du Canada boudent cette technologie, surtout parce que le produit est nouveau et encore méconnu. Selon sa lecture de la situation, le rabais gouvernemental à l’achat devrait être effectif pour encore cinq années, après quoi le prix des modèles électriques devrait rejoindre celui des modèles à essence.

Au chapitre des bornes de recharge, des rabais de 1 000$ sont offerts sur les unités à domicile, des changements au code de bâtiment en favorisent l’installation et des programmes sont mis en place pour augmenter le nombre de bornes dans les milieux de travail.

Qui plus est, des investissements sont réalisés pour les autobus scolaires. Ce type de véhicule, dont le trajet est prévisible et court, se qualifie parfaitement pour l’électrification. Une flotte plus verte de ces véhicules sera donc mise en circulation en Ontario.

Sensibilisation
De l’argent est aussi injecté dans la sensibilisation. C’est d’ailleurs là toute la mission de Plug and drive. L’organisme s’active à informer la population, à offrir du conseil quant à l’emplacement des infrastructures de recharge ainsi qu’à élaborer des politiques sur le sujet.

D’après les recherches réalisées par l’organisme, les principaux obstacles à l’adoption des véhicules électriques demeurent le coût ainsi que les inquiétudes au niveau du temps de recharge, de la disponibilité des bornes et de l’autonomie du véhicule. Selon Mme Clairman, « pour l’adopter, il faut d’abord l’essayer ». Des événements de mise à l’essai des différents modèles automobiles sont donc organisés afin d’inviter les gens à tester l’expérience.

L’Ontario a d’ailleurs inauguré le tout premier centre entièrement dédié aux véhicules électriques au monde. Il s’agit d’un lieu à caractère éducatif réunissant toutes les marques et modèles de voitures disponibles. Des essais routiers y sont offerts, sans pression d’achat puisqu’aucune vente n’y est conclue. Les clients sont plutôt référés aux concessionnaires.

Optimiste, Mme Clairman prédit une explosion des ventes, en citant une étude de Navigant Research réalisée en 2016. Cette étude avance que l’objectif provincial de convertir 5% des nouvelles ventes en vente de modèles électriques sera largement dépassé en 2020.

Pour elle, le virage en vitesse accélérée n’est qu’une question de temps.

 

20/11/2017