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CALIFORNIE : LES POLITIQUES CLIMATIQUES – SÉMINAIRE JCCTRP

3/5  | Retour sur les cinq conférences du Séminaire public sur les politiques en transport et sur le climat JCCTRP, qui avait lieu le 2 novembre 2017, à Polytechnique Montréal. Ce séminaire était organisé dans le cadre de l’atelier du Joint Clean Climate Transport Research Partnership (JCCTRP).

CHRIS BUSCH – LES POLITIQUES CLIMATIQUES EN CALIFORNIE

Avec Chris Busch, directeur de recherche à Energy Innovation, le Séminaire a passé en revue les actions et les résultats de la Californie dans le cadre de la lutte aux changements climatiques. Il dépeint un État proactif, qui initie diverses solutions de sorte que le régime de Trump – qui affiche son hostilité à l’égard de l’Accord de Paris – ne sape pas les efforts nord-américains et mondiaux.

La Californie est un acteur important de la transition. Déjà en 2002, on exigeait des services publics de fournir un minimum d’électricité renouvelable et projetait une production de 20% en 2017. Quelques années plus tard, la cible avait été relevée à 33% en prévision de 2020.

« Vous aurez compris que l’on considère l’électricité comme l’un des secteurs le plus prometteurs sur le plan de la décarbonisation. En revanche, le transport implique des défis plus complexes. » précise M. Busch.

Des résultats positifs
Si l’on se prête à l’exercice d’une évaluation rétrospective de l’efficacité des politiques climatiques depuis 2000, les indicateurs de tendance démontrent que l’économie se porte bien et qu’il y a une croissance des emplois. Parallèlement, les émissions de GES ont diminué de 10% depuis le sommet, atteint en 2004. Bien que l’effet des politiques ne peut pas être considéré comme direct – puisque de multiples facteurs doivent être pris en compte – les résultats sont manifestement positifs.

En 2006, la Californie a mis en place une loi-cadre pour soutenir les efforts tournés vers l’objectif de revenir au niveau d’émissions de 1990 (430 millions de tonnes métriques), et ce, en 2020. Dans ce contexte, 500 000 emplois dans le secteur des énergies propres ont été créés et l’économie n’a montré aucun signe de ralentissement. Mieux encore, depuis 2012, les emplois en Californie ont été créés à un rythme 50% plus rapide que celui des États-Unis et la croissance économique en Californie a été deux fois plus rapide que dans le reste du pays. Devant ce bilan, M. Busch tire la conclusion que l’amélioration de la performance environnementale n’implique pas nécessairement des effets négatifs sur le plan de la croissance économique. Selon lui, les premières étapes de la décarbonisation ont même renforcé l’État de manière globale. Autre signe de vitalité économique, les investissements convergent vers la Californie. En fait, l’État attire plus des trois quarts de tous les investissements dans les technologies propres aux États-Unis. M. Busch explique par ailleurs que les entreprises californiennes sont très innovantes. À elles seules, elles sont derrière près de 40% des demandes de brevets en matière d’énergie solaire déposés au pays, de 25% en stockage d’énergie et de 25% en efficacité énergétique.

Vers 2030
La cible de 33% étant en bonne voie d’être atteinte pour 2020, une nouvelle loi a été adoptée en 2015 afin que 50% de la production d’électricité californienne soit renouvelable, d’ici 2030. Cette loi du Sénat exige également que la Commission de l’énergie établisse des politiques pour doubler le rythme de l’amélioration de l’efficacité énergétique dans les bâtiments existants.

L’été dernier, un nouveau projet de loi a été adopté, prolongeant jusqu’en 2030 l’autorité de l’État sur le programme Cap-And-Trade, le système de plafonnement et d’échanges de droits d’émissions. Le marché du carbone a en effet prouvé qu’il constitue un moyen efficace de réduire les émissions, à bas coût. C’est donc avec une vaste majorité (deux tiers des votes) que la confiance à l’égard de ce mécanisme a été renouvelée. M. Bush signale toutefois que le programme devra faire l’objet d’une réforme, avant de continuer d’opérer de manière efficiente dans les années à venir.

En 2016, la loi du Sénat 32 de lutte aux changements climatiques met à jour ses engagements. Si l’objectif à atteindre d’ici 2020 était jusque-là de revenir aux niveaux d’émissions de 1990, cette loi place désormais la barre des émissions à 40% sous le niveau de 1990 pour 2030. « Une cible agressive, qu’il est toutefois possible d’atteindre, en misant sur la collaboration », résume M. Bush.

Enfin, M. Bush souligne que la Californie est aussi impliquée internationalement. C’est le cas notamment en Chine, pays avec lequel de nombreux liens sont entretenus. Le Lawrence Berkeley National Laboratory, basé à l’Université Berkeley, travaille par exemple avec des régulateurs chinois et élaborent différentes mesures, pour mettre à jour les codes de bâtiment, renforcer le rendement énergétique des appareils et développer une norme zéro émission, inspirée de la norme californienne. « Un exemple parmi tant d’autres qui dépassent nos frontières », conclue-t-il.

 

 

20/11/2017